Votre dose d'histoires inspirantes, d'actualités et de bien-être au quotidien

Le 14 mars dernier, Charles-Antoine, kinésiologue chez Fitsanté, a vécu une expérience qui sortait complètement de son cadre habituel. Pas de plan d’entraînement, pas de salle de musculation, pas de routine à encadrer. Cette fois, c’est lui qui suivait.
L’invitation venait de Joanie, une cliente du gym. Joanie est en fauteuil roulant, et elle pratique l’escalade depuis déjà un certain temps avec l’organisme Accès Grimpe, le premier groupe de para-escalade au Québec. Une fois par mois, des participants vivant avec différentes limitations physiques ou visuelles se rassemblent pour grimper, accompagnés de bénévoles qui rendent l’activité possible et sécuritaire.
Ce jour-là, Joanie avait envie de partager cet univers avec son entraîneur.
Dans ce type de contexte, les rôles se renversent rapidement. Charles-Antoine, habitué à encadrer, à corriger et à guider, s’est retrouvé en position d’apprentissage. Comprendre le système de sécurité, observer les adaptations nécessaires, saisir les subtilités du mouvement dans un contexte très différent de celui du gym.
C’est souvent dans ce genre de moment qu’on comprend que bouger ne se résume pas à une seule façon de faire, et que parfois, ça demande une vraie capacité d’adaptation.

Pour Joanie, l’escalade n’est pas une activité anodine. Elle demande une coordination fine, une bonne gestion de la fatigue, un contrôle des spasmes et une mobilisation constante de la force musculaire disponible.
Elle mentionne d’ailleurs sentir que son état évolue, et que certains aspects deviennent plus exigeants avec le temps. Malgré ça, elle continue de grimper. Elle a même installé un petit mur d’entraînement chez elle, et s’est récemment lancée dans l’escalade de glace.
Ce n’est pas tant la performance qui guide sa démarche, mais le fait de continuer à bouger, à explorer et à se dépasser à sa manière.
L’activité avait lieu au Rock Gym de Québec, un espace adapté qui permet à des personnes comme Joanie de grimper en toute sécurité. La majorité des participants sont en fauteuil roulant ou non-voyants, et chacun progresse à son rythme, avec le soutien des bénévoles d’Accès Grimpe.
Sans eux, ce type d’expérience ne pourrait tout simplement pas exister.
Au-delà de l’aspect physique, ce que plusieurs viennent chercher ici, c’est un sentiment difficile à recréer ailleurs : celui d’être en hauteur, de bouger librement dans un espace qui, au quotidien, n’est pas toujours accessible.
Un sentiment d’accomplissement, de fierté, et parfois même de liberté.

On parle souvent d’entraînement en termes de performance, de progression ou de résultats. Mais cette sortie rappelle quelque chose d’essentiel : bouger, ce n’est pas une seule façon de faire.
C’est s’adapter. C’est essayer. C’est parfois accepter de faire autrement.
Et surtout, c’est reconnaître que l’apprentissage ne va pas toujours dans le sens qu’on pense.
Cette fois-ci, c’est Joanie qui a ouvert la porte. Et Charles-Antoine qui est reparti avec quelque chose de plus.

INFORMATION
EN SAVOIR PLUS
PROGRAMMES